Pour témoigner, au moins être visible – 1
10 - Cellules paroissiales d’évangélisation - Viroflay - 7 mars 2005
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Pour témoigner, au moins être visible – 1
Frères et sœurs… la tentation revient, de temps à autre, de ne plus être des cellules d’évangélisation… mais simplement des cellules paroissiales… c’est-à-dire des groupes de prière et de réflexion, qui seraient heureux de se rencontrer … des groupes qui seraient si bien ensemble qu’ils seraient peu désireux de se séparer pour fonder d’autres cellules.
Il y aurait, dans ces groupes, une grande fraternité… mais on éviterait de trop parler de mission ou d’évangélisation.

La fraternité dont vous faites l’expérience est une belle chose… et on peut comprendre que certains s’en contenteraient.
Cette fraternité est certainement un don de l’Esprit Saint… mais s’en contenter serait, à proprement parler, une tentation.
Relisez Evangelii nuntiandi, et vous en serez convaincus… ou relisez simplement les dernières lignes de l’évangile de Saint Matthieu.

Ou si vous voulez un texte plus récent, lisez la lettre de Jean Paul II sur “La vocation et la mission des laïcs dans l’église et dans le monde”… elle est du 30 décembre 1988… en voici un passage :
“Le problème missionnaire se présente de nos jours à l’église avec une ampleur et une gravité telles que, seule une prise en charge vraiment solidaire des responsabilités, de la part de tous les membres de l’église, individuellement ou en groupe, peut donner l’espoir d’une réponse plus efficace.” (Jean Paul II, “Christifideles Laici” n. 35)

Nous ne sommes pas un simple groupe de prière… en tout cas, ce n’est pas pour cela que les cellules ont été créées.
Nous sommes des “cellules paroissiales d’évangélisation”… et c’est bien ce qui était entendu au départ !
Un tel choix donne un caractère particulier à nos rencontres.
Cela veut dire que les rencontres de cellules ne sont pas l’essentiel de notre activité… l’essentiel étant tout ce qui se fait entre les réunions !

Les rencontres comportent un temps de prière et d’échange… qui est un grand moment d’amitié… mais qui est orienté vers l’évangélisation… et qui est nécessaire à l’évangélisation.
Sans l’aide fraternelle que nous pouvons nous apporter les uns aux autres … sans les témoignages de chacun qui nous encouragent dans notre mission… il est probable que nous n’irions pas très loin dans le témoignage de notre foi et dans l’annonce de l’évangile.

De même que l’adoration est le ressourcement nécessaire à la mission… les rencontres de cellules sont, avant tout, au service de l’évangélisation.
Ce qui nous amène à la question de la visibilité.
Il arrive que dans la vie professionnelle (ou autre) on ne tienne pas particulièrement à être repéré comme chrétien… on préfère ne pas mélanger travail et religion, et garder un profil bas.

Ce qui veut dire que la première conversion qui nous est demandée est d’accepter de nous laisser identifier comme chrétiens.
On le fera avec d’autant plus de modestie que chacun de nous connaît ses faiblesses et ses limites.
Voilà, en tout cas, un effort de Carême qui a du sens !
Mais il faut le faire résolument… ne pas manquer les occasions favorables … surtout quand l’un ou l’autre nous tend la perche.

Et quand chacun de nous est clairement repéré par son entourage, (familial, professionnel, et dans son voisinage)… quand il est repéré comme disciple du Christ… il se passe un certain nombre de choses, chaque semaine, même très modestes… qui sont l’objet du partage.

On voit, dans l’évangile, que le Seigneur a choisi des disciples qui étaient des hommes limités… le Nouveau Testament ne cherche pas du tout à nous tromper sur ce point.
Et pourtant, c’est eux qu’il a choisis, avec leurs défauts et leurs faiblesses, pour en faire les instruments de l’évangélisation.
Il nous a choisis, nous aussi, malgré notre pauvreté… et il nous demande simplement d’accepter d’être les instruments de sa Bonne nouvelle… et, Dieu seul sait comment, il nous fera porter du fruit.

JCP