Le processus d’évangélisation – 5
135 - Cellules paroissiales d’évangélisation - Viroflay - 14 septembre 2009
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Le processus d’évangélisation – 5

Frères et sœurs, le quatrième niveau du “processus d’évangélisation” comporte deux parties… et le dernier enseignement du mois de Juin a porté tout entier sur la première partie, qui est l’invitation à s’engager dans une relation personnelle avec le Christ. (Page 16 du manuel)
Une invitation qui est véritablement un acte de foi… parce qu’elle consiste, dans bien des cas, à appeler quelqu’un à remettre sa vie en question.
On lui demande de plonger… et d’accepter de n’être plus vraiment le maître de sa vie… puisque Jésus sera le Maître véritable de sa destinée.
Et oser faire une telle proposition, pour nous aussi, c’est un plongeon !
Pour oser faire une telle demande, il faut être entré résolument dans notre rôle d’apôtre et de serviteur de la Parole.
Dans la Bible, comme dans le monde grec, un “apôtre”, c’est quelqu’un qui est envoyé et qui représente celui qui l’envoie.
Tout son pouvoir consiste à représenter quelqu’un d’autre.
On ne peut demander à quelqu’un de se convertir, que si on est intimement persuadé qu’une conversion est l’œuvre de l’Esprit Saint.
On demande à un autre ce qu’on n’a aucun droit de lui demander… et que seule la grâce de l’Esprit, accueillie librement, peut accomplir.
On ne doit en aucun cas l’imposer… mais on doit le proposer avec foi.
Évangéliser, c’est proposer la foi… et s’en remettre à l’Esprit.
La seconde partie de ce quatrième niveau concerne l’invitation faite, à certains, à rejoindre la cellule :
“Une telle proposition doit être faite, à la fois sans crainte et avec discernement… et elle doit exclure toute idée de succès personnel.”
Cette invitation ne sera pas faite à tous sans discernement, que ce soit en raison de la distance, ou par respect de la vocation propre à chacun.
Ce que le Seigneur Jésus nous demande, c’est d’être des témoins auprès de tous… même si tous ne sont pas appelés à se joindre aux cellules !
Ce que nous pouvons faire auprès de tous, c’est dire avec simplicité notre appartenance à cette communauté… sans chercher à donner trop d’explications à ceux qui n’en demandent pas.
A mesure que des questions nous seront posées, on pourra expliquer ce que sont les “communautés ecclésiales de base” souhaitées par Paul VI et par Jean Paul II… et rappeler leur insistance, à tous deux, sur l’urgence de l’évangélisation et sur l’espoir qu’ils mettaient en de telles communautés, à la fois pour recevoir et pour transmettre l’Évangile.
A ceux qui veulent savoir ce que sont nos rencontres, on commencera par expliquer le sens de la prière de louange… la nécessité de l’action de grâces… la nécessité également de la prière de demande sans laquelle aucun progrès n’est possible dans la sainteté.
On expliquera comment se passent ces temps de louange et d’intercession, en précisant que chacun est libre de prendre la parole et ne sera pas jugé s’il souhaite garder le silence.
On dira un mot du partage et on expliquera ce qu’est l’évangélisation de notre entourage… qui peut être faite de paroles et de gestes d’amitié très simples et très modestes.
Après ce temps de préparation, on proposera à ceux qui le souhaitent de participer comme invités à quelques rencontres de cellule… en précisant qu’ils doivent se sentir totalement libres de la suite à donner… mais qu’il est bon de participer à trois rencontres pour s’en faire une idée juste.
On sera capable de faire, sans crainte, une telle proposition, dans la mesure où l’on acceptera sans réserves d’être “serviteur” de la grâce de Dieu et de sa Parole… en étant conscient que la réponse donnée sera l’œuvre de l’Esprit.
La peur vient, généralement, de ce qu’on en fait une affaire personnelle, et qu’on craint un échec.
Si nous parvenons à nous en remettre totalement à l’Esprit Saint, en ce qui concerne le résultat, nous aurons vaincu, d’un côté, la peur, et, à l’opposé, la tentation de considérer les conversions comme des succès personnels.
“Notre proposition de les accueillir dans une Cellule doit être avant tout un désir de les aider à recevoir l’Évangile et à en vivre.”
Paul VI estime que de telles communautés de base sont “une espérance pour l’Église universelle” (Ev. Nunt. 58) dans la mesure où elles sont d’abord un “lieu d’évangélisation” : un lieu de conversion et de ressourcement dans l’amour fraternel et la rencontre du Christ.
“Rien ne peut tant apporter à nos frères que de devenir eux-mêmes missionnaires… rien ne peut les rendre forts dans la foi comme le désir de servir et de transmettre leur foi.”
Jean Paul II écrit (Redemptoris Missio, 2) : “La foi devient forte quand elle est donnée à autrui.”
Rappelez vous la différence entre la mer morte qui reçoit les eaux du Jourdain et les garde pour elle… et qui est morte… et le lac de Tibériade qui les reçoit et les redonne… et qui est un foyer de vie.
Celui qui transmet la Parole est transformé par elle.
Les catéchistes en font souvent l’expérience, et beaucoup de parents se convertissent quand ils doivent transmettre la foi à leurs enfants.
Inviter un proche à partager notre règle de vie et à évangéliser son entourage, c’est lui proposer un chemin de conversion et de sainteté : c’est donc un moment essentiel de notre propre ministère d’évangélisation.
Que Dieu vous bénisse et vous accompagne dans votre mission.
JC.P.