La messe (7) – La préparation pénitentielle
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Chers membres des cellules,

 

Au seuil de la célébration eucharistique, la sainte Eglise nous invite, nous qui sommes ses membres, à nous reconnaître pécheurs et à nous ouvrir à l’action miséricordieuse de Dieu. Il s’agit de la préparation pénitentielle.

 

L’essentiel n’est pas d’en détailler les diverses formes mais d’en saisir plus profondément le sens et l’importance pour nous. Mettons-nous donc d’abord à l’école du Catéchisme de l’Eglise Catholique. Voici ce qui est écrit au numéro 1426 : « La vie nouvelle reçue dans l’initiation chrétienne n’a pas supprimé la fragilité et la faiblesse de la nature humaine, ni l’inclination au péché que la tradition appelle la concupiscence, qui demeure dans les baptisés pour qu’ils fassent leurs preuves dans le combat de la vie chrétienne aidés par la grâce du Christ. Ce combat est celui de la conversion en vue de la sainteté et de la vie éternelle à laquelle le Seigneur ne cesse de nous appeler. »

 

Je poursuis avec le numéro 1428 qui nous dit qu’après avoir conduit au baptême, « l’appel du Christ à la conversion continue à retentir dans la vie des chrétiens. Cette seconde conversion est une tâche ininterrompue pour toute l’Église qui “enferme des pécheurs dans son propre sein” et qui “est donc à la fois sainte et appelée à se purifier, et qui poursuit constamment son effort de pénitence et de renouvellement” (Vatican II, Lumen Gentium, n° 8). Cet effort de conversion n’est pas seulement une œuvre humaine. Elle est le mouvement du “cœur contrit” (Ps 51, 19) attiré et mû par la grâce (cf. Jn 6, 44 ; 12, 32) à répondre à l’amour miséricordieux de Dieu qui nous a aimés le premier (cf. 1 Jn 4, 10). »

 

Pour parler de ces deux conversions, Saint Ambroise dit que dans l’Eglise, « il y a l’eau et les larmes : l’eau du Baptême et les larmes de la Pénitence ». Puissions-nous quelque peu ressentir ces larmes dans notre vie spirituelle en général et à ce moment précis de la messe.

 

Cette seconde conversion a non seulement une dimension personnelle évidente mais aussi une dimension communautaire. C’est ce que traduit le fait de vivre le rite pénitentiel tous ensemble au début de la messe et non uniquement chacun dans une préparation personnelle. Qu’on n’imagine pas cependant que celle-ci soit sans importance. Elle a pu se faire juste avant que ne commence la messe et aussi grâce à la pratique habituelle de l’examen de conscience, par exemple en fin de journée. Le bref silence qui commence – ou devrait commencer – le rite pénitentiel donne à chacun de pouvoir raviver ces sentiments de repentir et cette conscience du besoin personnel du salut.

 

En conclusion du rite pénitentiel, le prêtre dit une parole pour le pardon : « Que Dieu tout-puissant nous fasse miséricorde ; qu’il nous pardonne nos péchés et nous conduise à la vie éternelle. » Il ne s’agit pas bien sûr de l’absolution sacramentelle dans laquelle le prêtre dit : « Et moi, au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit, je vous pardonne tous vos péchés. » Cependant, il est certain que nos péchés sont pardonnés par Dieu dans la mesure où nous les regrettons sincèrement et voulons réellement nous en détourner à l’avenir. Le problème n’est jamais du côté de Dieu qui n’est qu’amour et pardon. Les difficultés sont de notre côté à cause de nos manques de confiance en la miséricorde divine, ainsi que de nos défauts de repentir et de résolution dans la conversion. Des grâces plus abondantes nous sont données pour cela quand nous faisons la démarche de célébrer et de recevoir le sacrement de pénitence et de réconciliation. Rappelons que ce sacrement est même indispensable dans le cas des péchés qui auraient trop gravement atteint notre relation à Dieu. Que ceux-ci ne nous éloignent pas de la participation à la messe dominicale, même s’ils nous tiennent éloignés de la sainte communion pour un temps auquel la confession mettra un terme.

 

Pour que vous puissiez vivre ce temps de manière plus fructueuse, je vous invite à relire la première lecture du lundi de la semaine passée (2e semaine de carême : Dn 9, 4-10) et je vous bénis.