« Voici l’Agneau de Dieu »
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Si dans le judaïsme ancien les hommes immolaient l’agneau pour obtenir le pardon, en Jésus, c’est Dieu qui offre l’agneau pour nous sauver. Ce ne sont plus les hommes qui offrent l’agneau à Dieu, c’est Dieu lui-même qui offre l’agneau au monde pour sauver le monde.

Le sacrifice de l’agneau tire son origine d’un ordre de Dieu à Moïse avant l’exode. Dans chaque famille, on devait immoler un agneau. Son sang devait être répandu sur les portes des maisons des Hébreux afin d’éloigner l’ange de mort qui devait frapper les premiers-nés d’Egypte tout en épargnant les fils d’Israël. Le sang de l’Agneau devient alors le signe par lequel Dieu sauve Israël et l’épargne de la mort.

Le sacrifice de l’Agneau remplace du même coup le sacrifice des premiers-nés que pratiquaient les religions environnantes. La grande innovation d’Israël est l’interdit absolu du sacrifice humain. Le sacrifice de l’Agneau sert également à purifier et procurer l’absolution. Ce sacrifice était pour obtenir le pardon des péchés. Lors de la fête de Yom Kippour, le rite central qui obtient l’absolution des péchés est celui du grand prêtre qui, à sept reprises, asperge de sang le dessus de l’arche. Jésus est celui par qui nous sommes pardonnés. Dans l’Apocalypse, le Sang de l’Agneau est justement celui qui purifie : « ils viennent de la grande épreuve ; ils ont lavé leurs robes, et ils les ont blanchies dans le sang de l’Agneau. » (Ap 7,14). Enfin, l’Agneau est le symbole de l’innocence et de la pureté. En Ezéchiel 46, 13, nous lisons : « Tu offriras chaque jour en holocauste à l’Eternel un agneau d’un an, sans défaut. » C’est l’image du Serviteur souffrant d’Isaïe où le juste par ses souffrances obtient le pardon des coupables. Jean nous présente donc Jésus comme cet innocent par lequel Dieu enlève le péché du monde. C’est l’innocence qui sauvera le monde. C’est le bien qui triomphe du mal. Comme le dit Saint Paul : « sois vainqueur du mal par le bien ». N’est-ce pas ce que fait Jésus ?

P. Jean Isidore NKONDOG