Vous avez peut-être tout de suite réagi en lisant le titre : « Mais enfin, il n’y en a que huit ! C’est en tout cas ce qu’on m’a appris au catéchisme. » Oui, sans doute mais regardez bien et vous verrez qu’à la fin, il y a deux redoublements : « Heureux êtes-vous… Réjouissez-vous… » Huit et deux font dix. Le compte est bon. Surtout que cela fait penser aux dix commandements.
Et là, vous pourriez vous dire encore : « Quand même, les dix commandements, ils sont bien dix. On ne fait pas des petites manipulations pour arriver à dix ! » Il faudrait plutôt bien regarder le texte et l’on verra une chose semblable : deux répétitions à la fin. En effet, il y avait déjà les commandements sur l’adultère et sur le vol mais voici que l’on termine avec l’interdiction de convoiter « la femme de ton prochain » et « rien de ce qui lui appartient ».
Au-delà de ces décomptes, il est clair que l’évangéliste, qui parle de la montagne et fera de nombreuses références à Moïse, considère Jésus comme accomplissant la prophétie de Dt 18, 18 et voit un lien net entre les béatitudes et le décalogue.
Redisons combien le socle des dix commandements est essentiel aussi bien pour l’éducation que pour la construction d’une société aussi pluraliste que la nôtre aujourd’hui. Mais si nous voulons accueillir notre vocation de « sel de la terre » et de « lumière du monde », plus que le respect de ces préceptes fondamentaux, il nous faut chercher à vivre l’attitude – d’abord intérieure – dessinée par les béatitudes. De fait, « si [notre] justice ne surpasse pas celle des scribes et des pharisiens, [nous n’entrerons] pas dans le royaume des Cieux. »
Abbé Bruno Bettoli +

