La leçon du grain de blé
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Qu’elle est belle cette image du grain de blé qui tombe en terre ! Je voudrais la rapprocher d’une autre image que l’on trouve dans l’Ancien Testament : « La pluie et la neige qui descendent des cieux n’y retournent pas sans avoir abreuvé la terre, sans l’avoir fécondée et l’avoir fait germer, donnant la semence au semeur et le pain à celui qui doit manger ; ainsi ma parole, qui sort de ma bouche, ne me reviendra pas sans résultat, sans avoir fait ce qui me plaît, sans avoir accompli sa mission » (Is 55, 10-11).

 

C’était une annonce prophétique qui n’était pas encore réalisée. L’Esprit Saint en effet avait souvent parlé par les prophètes et toujours, finalement, les fruits avaient déçu (cf. Is 5, 1-4). Désormais, Dieu a envoyé sa Parole vivante qui s’est faite chair. Pour traduire cela, au lieu de l’image de la pluie ou de la neige, Jésus a choisi celle, beaucoup plus consistante, d’un grain de blé.

 

Mais la différence entre les deux images est plus profonde encore. Tandis que l’eau, après avoir fécondé la terre, remonte intacte vers le ciel, le grain de blé, lui, doit mourir pour « porter beaucoup de fruit ». En plus du mystère de l’Incarnation, c’est celui de la Rédemption qui est ainsi exprimé.

 

En s’appuyant sur cette loi de la nature, le Seigneur nous laissait un enseignement sur lui. Il nous donnait aussi un enseignement sur nous-mêmes qui devons accepter de mourir pour porter du fruit : « Qui aime sa vie la perd ; qui s’en détache en ce monde la gardera pour la vie éternelle. » Nous sommes aussi des grains de blé.

 

Abbé Bruno Bettoli+

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