Grand Débat National – Synthèse
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Le 18 février dernier, environ 70 paroissiens se sont retrouvés à la crypte pour répondre à l’appel des évêques au travers des cinq questions qu’ils ont posées face à la crise des “gilets jaunes”. Comme le disait le père Bettoli dans son mot d’accueil : “Il s’agit pour nous d’entendre les cris et les injustices, et de contribuer au bien de tous à la lumière de l’Evangile, en mettant en oeuvre l’Esprit de fraternité.” Vous trouverez ci-après une synthèse des échanges.

Un journaliste de la chaîne KTO était présent. En bonus, vous trouverez le replay du reportage qui a été diffusé sur la chaîne :  

Extrait de l’interwiew diffusé sur KTO

SYNTHESE DES ECHANGES

1- Quelles sont selon vous, en essayant de les hiérarchiser, les causes principales du malaise actuel et des formes violentes qu’il a prises ?

Affaiblissement du collectif
La société est devenue individualiste.
On relève un manque de collectif ; individualisme collectif !
Il n’y a plus de lieux pour parler ; on a pourtant envie de se retrouver.
Les ronds-points sont devenus des lieux de rencontres, comme des bars de campagne. Déficit de corps intermédiaires, déshumanisation.
Éclatement des familles, femmes seules avec enfants.

Inégalités et injustices
Inégalités salariales scandaleuses.
Opposition voire antagonisme entre ville et campagne.
Taxe carbone perçue comme injuste dans les campagnes ; pas de transport en commun. La pauvreté rattrape la classe moyenne.
On va d’un droit latin vers un droit anglo-saxon.
Le principe de subsidiarité n’est pas opérant.

Souffrance sociale
On se retranche derrière des écrans.
Sentiment actuel d’infantilisation.
Baisse du niveau de vie avec la mondialisation.
Désertification des campagnes.
Menace de la précarité, crainte de tomber.
Solitude dans les difficultés de la vie, qui induit de la peur ou de la colère.
La planète va dans le mur : publicité, logique économique et financière, spirale négative. Climat de crise permanente, sentiment de fatalité. Avenir bouché pour les jeunes.

Déficit de dialogue
Sentiment de ne pas être écoutés.
Les élus sont plus éloignés ou isolés (non cumul des mandats).
Il y a une certaine ignorance, un manque de culture économique.
Complexité de notre société, que les élites ont renoncé à expliquer au peuple. Les attentes du peuple ne sont pas comprises par les élites, les élus .
Droite / gauche même politique.

2- Qu’est-ce qui pourrait permettre aux citoyens dans notre démocratie de se sentir davantage partie prenante des décisions politiques ?

Retrouver la confiance en nos élus
Pour les élus il faut respecter la parole donnée, mieux comprendre les besoins des électeurs. Que les politiques améliorent le niveau de réflexion, fassent moins de marketing électoral. Avoir des bilans réguliers sur les résultats.

Vivre ensemble les valeurs de la république
Besoin d’une société bienveillante, plus juste, plus fraternelle
Favoriser la mise en place de repère communs.
Favoriser le passage d’une conscience individuelle à une conscience collective. Encourager les attitudes positives, la politesse…
Communiquer les nouvelles positives (media)

Mettre en œuvre le principe de subsidiarité
Plus de subsidiarité, décentralisation des décisions au niveau local.
Permettre et encourager l’action locale.
Davantage de démocratie participative au niveau local pour que les solutions soient trouvées au plus près des problèmes.

Appeler à l‘engagement
Favoriser la participation citoyenne à la réflexion, aux projets locaux. Mobiliser énergies collectives, initier projets fédérateurs…
Plus d’actionnariat participatif.
Échanges et jumelage villes intra-région : rurale et citadine.
Urgence pour les transports publics, mobilité… lutte contre le chômage. Favoriser prise de conscience des enjeux écologiques.

3- Quels sont les lieux ou les corps intermédiaires qui favoriseraient cette participation ?

Consultation des citoyens
Plus de consultations des citoyens, de sondages, qu’ils soient plus écoutés. Avoir un regard sur les dépenses publiques.
Possibilité de soumettre des idées en ligne.
Plus d’expressions du peuple entre deux élections (RIC, RIP…)
Plus de lieux et occasions de rencontres, dialogue avec les élus.

Institutions – École – Famille
Donner une meilleure connaissance des institutions. Formation concrète aux institutions pour les jeunes. Restaurer l’instruction civique : école, famille, entreprise…

Corps intermédiaires
Restaurer les corps intermédiaires : école, paroisse, commune, famille…
Simplifier les niveaux de démocratie représentative : commune, département, région. Assemblées exécutives constituées de citoyens tirés au sort

4- Quel « bien commun » recherché ensemble pourrait fédérer nos concitoyens et les tourner vers l’avenir ?

La vie sur terre
Partager une vision et valeurs chrétiennes de l’homme. Respect de la vie, de la personne.
Aider à la prise de conscience de notre richesse. Agriculture raisonnable : la terre durable.

Une société fraternelle
Bâtir une société plus juste et fraternelle.
Mettre en place une éducation à la fraternité.
Agir localement, en subsidiarité.
Valoriser la bienveillance dans les corps intermédiaires, écoles, entreprises, associations, églises… Miser sur le bénévolat et la solidarité et proposant une reconnaissance du bénévolat.


Redonner du sens : famille, école… plus de solidarité.
Favoriser l’expression de la charité.
Aider les associations à susciter des actions locales.
Inviter à combler le fossé entre riches et pauvres.
Refus d’accepter la pauvreté.

5- Quelles raisons d’espérer souhaitez-vous transmettre à vos enfants et petits-enfants ?

Éducation
Se former pour mieux transmettre.
Soif d’apprendre, que l’ascenseur social fonctionne.
Initiatives comme Espérance banlieues, contre l’échec scolaire. Recherche du bien commun au-delà du bien général.

Construction Européenne
Définir un objectif commun fédérateur, qui nous grandisse. Retrouver des repères communs et des liens intergénérationnels. Respect et réhabilitation du patrimoine culturel.
Développer des marges de manœuvre.
Initiatives urbanisme, architecture…
Un vrai projet Européen est possible.