Les cellules paroissiales d’évangélisation
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Les Cellules paroissiales d’évangélisation

“Allez donc, de toutes les nations faites des disciples, les baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit, et leur apprenant à observer tout ce que je vous ai prescrit. Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde.” (Mt 28,19-20)

“Malheur à moi si je n’évangélise pas.” (I Cor. 9,16)

Les cellules d’évangélisation sont des “communautés ecclésiales de base” telles que les définissait le Pape Paul VI :

“Pour l’efficacité de la prédication évangélique, l’Église est consciente de devoir adresser son message au cœur des masses, à des communautés de fidèles dont l’action peut et doit arriver aux autres…
Que sont les communautés de base et pourquoi seraient-elles destinataires spéciales de l’évangélisation et en même temps évangélisatrices ?
Ces communautés seront un lieu d’évangélisation au bénéfice des communautés plus vastes, spécialement des Églises particulières, et elles seront une espérance pour l’Église universelle… dans la mesure où :

* elles cherchent leur nourriture dans la Parole de Dieu…
* elles évitent la tentation de la contestation…
* elles restent fermement attachées à l’Église locale…
* elles gardent une sincère communion avec les Pasteurs…
* elles ne se prennent jamais pour l’unique destinataire ou l’unique agent d’évangélisation…
* elles croissent chaque jour en conscience, zèle, engagement et rayonnement missionnaire…
* elles se montrent en tout universalistes…”

(Paul VI, Evangelii Nuntiandi, 57-58)

“L’Église du futur sera bâtie sur le fondement de petites communautés de base.” (Karl Rahner)

“Cellules”

Ce terme évoque, à la fois, l’appartenance à un ensemble organique, et la capacité des cellules vivantes de se démultiplier en plusieurs cellules.
Cet ensemble organique est la paroisse. Les cellules en émanent et elles veulent se mettre à son service. Elles permettent à des membres nouveaux d’y trouver leur place et de participer à la vie sacramentelle.
Une cellule comporte un responsable et un coresponsable.
Quand le groupe atteint une vingtaine de membres, il se partage, et le coresponsable prend la responsabilité d’un nouvelle cellule.

“Paroissiales”

“La Paroisse … est la communauté des fidèles … c’est une communauté eucharistique … une communauté de foi et une communauté organique, constituée par des ministres ordonnés et par les autres chrétiens, sous la responsabilité d’un curé, qui représente l’Evêque diocésain…”
(Jean Paul II, “Christifideles Laici”, 26)
La paroisse est le lieu habituel de la vie sacramentelle et de la transmission de la foi (par la catéchèse et la prédication)… mais elle est souvent trop vaste pour être un lieu d’accueil à échelle humaine.
Les cellules veulent être des “communautés de base” dans lesquelles une entraide fraternelle permet à chacun de progresser dans la ferveur.
Elles sont aussi un lieu d’accueil pour les nouveaux convertis, qui ont généralement du mal à trouver leur place dans nos communautés.
Le développement des cellules ne se fait pas au détriment des mouvements existants, qui gardent leur place et leur raison d’être dans la paroisse.

“d’évangélisation”

L’évangélisation ne peut pas être l’oeuvre des prêtres seuls … mais de la communauté (cf. p. 10, Vat. II). Le prêtre, dans le cadre des cellules, a la possibilité et le bonheur d’accomplir pleinement son rôle de Pasteur, en accompagnant les laïcs dans leur mission de baptisés et de confirmés.
L’expérience montre qu’une telle mission ne peut exister et durer que si elle a une dimension ecclésiale.
Les rencontres de cellule sont un temps de prière et de soutien fraternel, sans lesquels il est généralement impossible de persévérer dans la mission ; mais l’activité principale des membres des cellules ne se réduit pas aux rencontres hebdomadaires. L’essentiel se fait tout au long de la semaine, dans les rencontres avec ceux qui constituent l’entourage quotidien (l’oikos) de chacun.

La nouvelle évangélisation

Jean Paul II, lors de son voyage en Pologne, en juillet 1979, appelait l’Église à une nouvelle évangélisation :
“Une nouvelle évangélisation est commencée, comme s’il s’agissait d’une deuxième annonce, bien qu’en réalité ce soit toujours la même.”

Lors de son voyage en Amérique latine, en 1983, il la définit ainsi :
“une nouvelle évangélisation : nouvelle dans son ardeur, dans ses méthodes, et dans son expression.”

Sont particulièrement concernés par cet appel “les pays de vieille tradition chrétienne… où des groupes entiers de baptisés ont perdu le sens de la foi vivante et vont jusqu’à ne plus se reconnaître comme membres de l’Eglise en menant une vie éloignée du Christ et de son Évangile.”
(Jean Paul II, Redemptoris Missio, 33).

La ferveur des membres des cellules d’évangélisation surprend quelquefois. Leur fidélité aux rencontres hebdomadaires et à l’heure d’adoration, la ferveur de leur amour fraternel et de leur engagement missionnaire… tout cela peut sembler inhabituel et suspect.
À l’inverse, nous risquons de nous habituer à la tiédeur et à l’indifférence de beaucoup de “croyants”… de ne plus nous étonner de l’absence d’esprit missionnaire, même chez un certain nombre de pratiquants.
Le cardinal Hume voyait la plupart de nos paroisses comme des “géants endormis”. Le jugement est sévère et en partie injuste, mais il laisse entendre qu’elles sont capables de grandes choses quand elles se réveillent.
C’est pourquoi Jean Paul II nous invite à ouvrir les yeux sur la situation de nos communautés, et ne pas trop facilement nous faire une raison.
Il nous appelle à persévérer dans la prière, à redécouvrir la joie de l’amour fraternel, et à réveiller en nous la ferveur missionnaire des premières communautés chrétiennes.
Tout en étant conscients de leur pauvreté, c’est l’idéal que poursuivent ceux qui ont adopté la “règle de vie” des cellules d’évangélisation.

La paroisse reste, pour la plupart des fidèles, le lieu de la rencontre de Dieu et le fondement stable de l’évangélisation.
Comment l’éveiller et lui faire retrouver son élan missionnaire ?

A St. Boniface en Floride, à St. Eustorgio de Milan, ou à Sanary, les cellules d’évangélisation, ont permis de renouveler en profondeur des communautés catholiques, et de redonner vie à la structure paroissiale traditionnelle.

“Chemin faisant”

L’idée de partir en mission fait peur à beaucoup de chrétiens. Ils ne se voient pas faisant du porte à porte ou prêchant l’Évangile sur les trottoirs.

Mais Jésus propose une façon plus accessible d’être missionnaire :
“Chemin faisant, dit-il, proclamez que le Royaume des Cieux est tout proche.” (Mt 10,7)
C’est en parcourant nos lieux de vie habituels qu’il nous demande d’évangéliser.

A l’homme de Gerasa, qui était prêt à quitter son pays pour le suivre, il dit simplement : “Va chez toi, auprès des tiens et rapporte-leur tout ce que le Seigneur a fait pour toi dans sa miséricorde.” (Mc 5,1 9).

L’ange du Seigneur dit à Corneille : “fais venir Simon qu’on surnomme Pierre. Il te dira des paroles qui apporteront le salut à toi et à toute ta maison (oikos)…” (Actes 11,13-14)… c’est à dire à ses parents et amis, comme on le voit en Actes 10,24… en effet, quand Pierre arriva chez lui : “Corneille les attendait et avait réuni sa parenté et ses amis intimes.”

La famille (oikos), entendue comme l’ensemble des consanguins, esclaves, “clients” et amis, était l’un des fondements de la société gréco-romaine.
La conversion de ces foyers domestiques a joué un rôle fondamental dans le développement de l’Evangélisation.
L’Église était structurée en petites communautés ou églises domestiques. Paul salue Priscille et Aquila et “l’église qui demeure chez eux” (Rom. 16,5).

Il ne semble pas que l’Eglise des origines ait misé sur des campagnes de masse pour évangéliser. On n’organisait pas d’activités sociales ou récréatives… on ne faisait pas non plus de porte-à-porte !
Ces activités ne sauraient être critiquées… mais le Nouveau Testament et les autres témoignages historiques indiquent que l’Eglise des premiers temps s’est développée, avant tout, à travers l’évangélisation de l’oikos.

De là est née l’intuition qui est à la base du mode d’évangélisation des cellules paroissiales : l’évangélisation par chacun de son “oikos”… le groupe des personnes avec lesquelles il entretient des relations régulières.

Qu’est-ce que l’ “oikos” ?Terme fréquent dans le Nouveau Testament, l’ “oikos” est : “la maison, le milieu, la famille, l’entourage”… il désigne le monde où se déroule la vie quotidienne de chacun.
Ce sont : notre parenté, nos voisins, nos collègues de travail, ceux qui partagent nos intérêts… c’est-à-dire : l’ensemble de ceux que Dieu a mis sur notre chemin. Notre “oikos”, c’est l’ensemble de nos “prochains”.

Les lieux que l’on fréquente habituellement sont les plus favorables pour annoncer le règne de Dieu, parce qu’on y a déjà établi des relations stables. Il n’y a pas lieu de susciter des occasions, il suffit de profiter de celles qui se présentent.
Plus grande est notre proximité naturelle avec quelqu’un, et plus on a d’occasions ou de facilités pour lui proposer l’Évangile.
D’autre part, l’évangélisation de l’oikos offre la possibilité de suivre ces frères et de les accompagner dans leur cheminement… car elle s’appuie sur des relations déjà existantes.

Les étapes de l’évangélisationMême si les choses ne se passent jamais comme prévu, le processus d’évangélisation de l’oikos peut être décomposé en six étapes, qui sont représentées dans le schéma reproduit à la page suivante :

La prière : à la base de tout, n’est pas une étape, parce qu’elle doit être présente à tous les niveaux de l’annonce de l’Évangile.

1. le service : c’est le secret de l’évangélisation, que Jésus nous dévoile :
“le Fils de l’homme, dit-il, n’est pas venu pour être servi, mais pour servir et donner sa vie en rançon pour une multitude.” (Mc. 10,45)
Et il ajoute : “Car c’est un exemple que je vous ai donné, pour que vous fassiez, vous aussi, comme moi j’ai fait pour vous.” (Jn. 13,15)
La confiance ne peut naître dans le coeur de nos frères que si nous leur donnons notre amour en montrant un cœur disposé à servir.
Avant d’écouter ce que nous avons à dire ils ont besoin de découvrir de ce que nous sommes.

2. Le partage :
“L’homme moderne écoute plus volontiers les témoins que les maîtres, ou s’il écoute les maîtres, il le fait parce que ce sont des témoins.”
(Paul VI, Evangelii nuntiandi, 41)
Si le service fraternel a fait de nous des témoins crédibles, nous pourrons transmettre l’Évangile, en exposant le message avec autant de clarté et d’amour que possible, en disant la place que le Christ occupe dans notre vie.
“Y aurait-il, au fond, une autre manière de livrer l’Évangile, que de transmettre à un autre sa propre expérience de la foi ?” (Ev. nunt. 46)

3. L’explication :
Partager l’Évangile avec quelqu’un peut faire surgir de nombreuses questions. Dans cette phase avancée de l’évangélisation, il faut avoir une grande délicatesse, de la patience et de la charité pour aider chacun à dépasser ses préjugés, ses hésitations et ses peurs.
On présente le message de l’Évangile sans l’édulcorer, mais en le mettant, autant que nous le pouvons, à la portée de nos frères… non pas d’une façon intempestive, mais avec discrétion et discernement, en saisissant les occasions favorables et en répondant aux questions qui nous sont posées.

4. Mission et engagement :
Nous arriverons au moment d’inviter nos proches à s’engager dans une relation plus étroite avec le Seigneur… pour certains, à découvrir ce qu’est la rencontre du Christ. L’acte de confier sa vie à Jésus est une conversion ;
il constitue un changement radical et difficile, qui peut prendre du temps.
C’est également au cours de cette période que se situe l’invitation à devenir membre de la cellule.
Une telle proposition doit être faite sans crainte, mais doit, en même temps, exclure toute idée de succès personnel… avec le seul désir que chacun trouve son chemin et accomplisse sa vocation dans l’Eglise du Christ, avec ou sans les “cellules d’évangélisation”.
Une cellule peut avoir des “invités” qui viennent occasionnellement, avant de participer régulièrement aux rencontres. Ils doivent sentir qu’ils ne seront pas jugés s’ils décident de suivre une autre voie.

5. Participation à la cellule :
Lorsqu’un membre de notre oikos a décidé de faire partie d’une cellule, on doit le soutenir, et l’encourager à devenir, à son tour, missionnaire. Lorsqu’il aura commencé à vivre cette expérience à l’intérieur de la communauté, on l’accompagnera dans son cheminement vers une vie de prière et d’amour fraternel plus intenses et une disponibilité aux dons de l’Esprit Saint.

6. Entrée dans la Communauté :
La cellule fait partie d’un corps, la paroisse, dans laquelle chaque nouveau disciple trouve naturellement sa place. Ayant pris conscience des dons que le Seigneur lui a donnés, il est encouragé à s’engager dans le ministère qui lui est propre, à l’intérieur de la communauté paroissiale.
La cellule est une communauté de médiation. Elle est, dans une position intermédiaire entre la famille, qui est la communauté initiale, et la grande communauté qui est la paroisse, et elle a des effets bienfaisants pour l’une comme pour l’autre.

Une cellule est orientée, avant tout, vers l’évangélisation. Lorsqu’un frère éloigné de la foi décide d’en faire partie, toute la cellule se tourne vers lui et, pour ainsi dire, “marche au ralenti” jusqu’à ce qu’il puisse se mettre au rythme des autres.

Quand ? Où ? Comment ?La cellule se réunit une fois par semaine dans la maison de l’un de ses membres. La rencontre dure une heure et demie environ, et se répartit de la façon suivante :

1 : chant et prière de louange.
2 : partage : ou échange sur ce que Dieu a fait pour moi, et ce que j’ai fait pour lui (et pour l’annonce de l’Évangile).
3 : enseignement du Pasteur (enregistré sur une cassette).
4 : approfondissement de l’enseignement.
5 : questions pratiques.
6 : prière d’intercession.
7 : prière de guérison.

La cellule est conduite par un responsable auquel le Pasteur a confié cette mission. Il s’agit d’une véritable responsabilité pastorale et spirituelle… un “ministère” et donc un service.
Le développement harmonieux de cette pastorale exige une formation des responsables. Un cours, comportant sept soirées de formation est organisé chaque année, pour les membres des cellules qui le désirent.
La création des cellules d’évangélisation s’accompagne de l’adoration eucharistique quotidienne, qui est proposée à toute la paroisse. Les membres des cellules s’engagent à prendre un temps d’adoration d’une heure par semaine… qui est vécu comme un temps de ressourcement en vue de la mission.

“Les pasteurs savent bien l’importance de la contribution des laïcs au bien de l’Église entière. Ils savent qu’ils n’ont pas été eux-mêmes institués par le Christ pour assumer à eux seuls tout l’ensemble de la mission salutaire de l’Église à l’égard du monde, leur tâche magnifique consistant à remplir leur mission de pasteurs à l’égard des fidèles et à reconnaître les ministères et les grâces propres à ceux-ci, d’une manière telle que tout le monde à sa façon et dans l’unité apporte son concours à l’oeuvre commune.”
(Concile Vatican II, Lumen gentium, 1)

“Le problème missionnaire se présente de nos jours à l’Église avec une ampleur et une gravité telles que seule une prise en charge vraiment solidaire des responsabilités de la part de tous les membres de l’Église… peut donner l’espoir d’une réponse plus efficace.”
(Jean Paul II, “Christifideles Laici”, 35)

Histoire des cellulesDes “communautés ecclésiales de base” de formes variées existent dans toute l’Église catholique. Elles ont été encouragées par Paul VI et Jean Paul II qui leur ont donné un certain nombre de directives.

Les cellules d’évangélisation s’inspirent également de l’expérience du pasteur pentecôtiste Paul Yonggi Cho (Séoul, Corée du Sud).

Dans la forme présentée ici, elles doivent beaucoup à un prêtre irlandais, le Père Michael Eivers, et à la paroisse catholique de Saint Boniface (Pembroke Pines, Floride).

Elles ont été introduites en Europe par Don PiGi Perini, curé de la paroisse St. Eustorgio à Milan. Les 4 premières cellules sont nées en 1988, et se sont multipliées jusqu’à atteindre, en 2007 plus de 140 cellules.

En France, elles ont été adoptées en 95 par la paroisse de Sanary-sur-Mer.

La paroisse Saint Eustorgio organise chaque année, en juin, un symposium d’information sur les cellules.
Parrocchia Sant’Eustorgio, Piazza Sant’Eustorgio 1 – 20122 Milano (Italie).
Tél : (00 39) 02 5810 1583 — Fax : (00 39) 02 8940 0589

La paroisse de Sanary organise également chaque année deux sessions d’information sur les cellules.
Paroisse de Sanary, 184 avenue Jean Mermoz, 83110 Sanary sur Mer
Tél. : 04 9474 5990 — Fax : 04 9488 4941
Site internet de la Paroisse Catholique St Nazaire – Sanary sur Mer

Dans la paroisse de Viroflay, cinq “cellules paroissiales d’évangélisation” comptant environ 50 personnes se rencontrent chaque semaine.
Renseignements : Chantal Chombart – Tél. 01 3024 2127 – Envoyer un mél

“Évangéliser est la grâce et la vocation propre de l’Eglise,
son identité la plus profonde.
Elle existe pour évangéliser.”
Paul VI, “Evangelii nuntiandi”, 14