Comment recevez-vous cette perspective ? Je pose la question parce que, tout récemment, j’entendais des réactions contrastées à ce sujet. Le carême est-il pour vous une période redoutée ou attendue ? Le plus sage est sans doute, quand le temps en est venu, de le recevoir avec reconnaissance pour ce qu’il est, avec sa pédagogie et les grâces qui lui sont attachées.
Pour leur part, les catéchumènes y entreront avec joie puisque c’est à leur intention d’abord que l’Esprit Saint a conduit l’Eglise à façonner ce temps liturgique. Aujourd’hui marqué pour eux par l’appel décisif par l’évêque (1er dimanche), trois scrutins (3e, 4e et 5e dimanches) et encore quelques rites (tradition du credo et du Notre Père, rite de l’éphata, onction avec l’huile des catéchumènes), le carême est cet heureux temps qui les conduira à la vie nouvelle d’enfants de Dieu : baptisés et confirmés, ils pourront désormais vivre de l’Eucharistie.
Mais assistée par l’Esprit Saint, l’Eglise de Dieu n’oublie aucun de ses enfants. Le carême est pour nous aussi un temps de grâce, un temps de purification, de conversion et de renouvellement. Soyons attentifs à la Parole de Dieu qui y est particulièrement riche. Nos privations, une plus grande place donnée à la prière et nos aumônes porteront leur fruit, en affinant notamment la conscience de notre pauvreté, en faisant grandir notre désir de la grâce divine, en tournant de plus en plus notre regard vers le Christ sur le chemin de sa Pâque. Sachons enfin profiter de la prière des jeudis soir, des chemins de croix ou bien osons rejoindre une fraternité pour quelques rencontres.
Pour vous tous, que ce temps soit béni !
Abbé Bruno Bettoli+

