La parabole des dix jeunes filles invitées à des noces se termine par un appel : « Veillez donc, car vous ne savez ni le jour ni l’heure. » Pourtant, « comme l’époux tardait, elles s’assoupirent toutes.» La vigilance ne consiste donc pas ici à éviter de s’endormir. D’ailleurs, ce sommeil dont parle aussi Saint Paul dans l’épître est celui de la mort (cf. 1Th 4, 13), c’est-à-dire la chose la plus certaine et inévitable, du moins si l’époux tarde ne serait-ce qu’un peu encore.
Peu importe, en réalité, que nous soyons déjà endormis ou toujours éveillés quand le Seigneur descendra du ciel (pour parler comme Saint Paul dans l’épître) ou quand l’époux viendra (pour parler comme Jésus dans l’évangile), la seule question qui compte est celle de cette mystérieuse huile. En aurons-nous ou n’en aurons-nous pas ?
Cette huile nous permettra, en effet, d’entrer avec Jésus, l’époux, dans la salle des noces. Dans le langage de l’Eglise, il s’agit de la grâce sanctifiante (CEC §§ 1999 et 2000) sans laquelle nul ne pourra vivre pour toujours avec le Christ (CEC §1023). L’on comprend alors que les jeunes filles prévoyantes ne peuvent pas la partager avec celles qui furent insouciantes. Avoir cette huile, vivre de la grâce sanctifiante, c’est être en état de grâce, être en amitié avec Dieu, cette amitié perdue par les hommes, que la Rédemption leur a rendue s’ils l’accueillent par la foi et que le péché peut leur faire perdre à nouveau au risque de s’entendre dire de la part de l’époux : « Je ne vous connais pas ».
Veillons donc à conserver ou à retrouver cet état de grâce, car si nous ne savons ni le jour ni l’heure, nous savons cependant que le Seigneur vient.
Abbé Bruno Bettoli+

