Naturellement, les humains ont tendance à mesurer le pardon, ils classent les offenses sur une échelle de gravité, considérant certains actes comme ” pardonnables” et d’autres comme “impardonnables”.N’entendons-nous pas souvent dire: “Je lui pardonne mais c’est la dernière fois …” A l’époque de Jésus, les maîtres spirituels avaient eux aussi mis en place les conditions dans lesquelles l’homme pouvait pardonner à son prochain et la victime n’était pas obligée de pardonner plus de trois fois. Selon un texte de Talmud, “l’homme doit pardonner à celui qui l’a offensé à condition que ce dernier sollicite le pardon selon les normes prescrites, c’est-à-dire, à trois fois et devant les témoins”.
Étant disciple de Jésus, Pierre voudrait se montrer un peu plus tolérant que les maîtres spirituels juifs en proposant que le Chrétien puisse pardonner jusqu’à sept fois, sans nécessairement exiger la présence des témoins. Cependant, dans sa réponse à Pierre, Jésus propose un pardon qui échappe à toute forme de calculs:” Je ne te dis pas jusqu’à sept fois, mais jusqu’à soixante fois sept fois” (v.22) c’est à dire, chaque fois que l’homme sera offensé, il devra pardonner complètement, sans garder rancune.
En réalité,nous sommes appelés à toujours pardonner même si nous n’arrivons pas à oublier, car seul le pardon peut cicatriser nos blessures intérieures. Sinon, c’est toute notre vie qui tombe dans le chagrin. N’oublions pas que la rancune ressemble à du poison dans l’organisme; elle détruit l’amour, elle tue l’âme à petit feu, elle rend l’humeur maussade et la vie morose. Alors, pour éviter un tel poison dans notre vie durant cette nouvelle année pastorale, le pardon est pour chacun de nous une voie sûre et indispensable.
Je vous souhaite une belle rentrée pastorale et vous assure de ma prière.
Père Fabrice KODIA BIANZINGA+

