Ce dimanche, dans l’évangile, le Seigneur Jésus aborde la question difficile de la correction fraternelle. Sans surprise, cela se situe dans le chapitre que Saint Matthieu consacre à la vie des disciples entre eux. C’était déjà l’Eglise que le Seigneur avait en vue mais à tous ses niveaux, c’est-à-dire l’église domestique qu’est la famille chrétienne, un service dans une paroisse, un doyenné ou un diocèse, une fraternité, et bien sûr la communauté entière que nous formons ici à Viroflay.
Parmi les points d’attention évoqués par le Christ, il y a donc la correction fraternelle pour laquelle il indique une manière de faire pleine de délicatesse, en trois étapes, visant le service de la vérité dans la charité. La gradation des étapes manifeste cette attention pour aider, autant que possible, le frère ou la sœur à s’ouvrir à l’appel de l’Evangile et à la conversion nécessaire pour y répondre.
Le Seigneur, dans son infinie miséricorde, rejoint chacun et ouvre ses bras pour l’accueillir quelles que soient son histoire, ses fautes passées et ses pensées éventuellement en grande contradiction avec celles de Dieu mais avec ceux qui prétendent être ses disciples, il montre aussi une extrême exigence. C’est un point incontournable pour leur accueil en vérité du salut et pour le témoignage personnel et communautaire rendu à l’Evangile.
Parfois tentés de faire la leçon aux autres ou craintifs de risquer de déplaire, nous avons à nous mettre à l’école du Christ, poussés par la charité, pour chercher non pas simplement à corriger mais surtout à gagner nos frères, comme nous comptons sur eux pour nous aider à vivre plus fidèlement notre condition d’enfants de Dieu.
Abbé Bruno Bettoli+

