Avant d’être une fête chrétienne, la Pentecôte est une fête juive, la fête des Semaines (Chavouot), une des trois fêtes de pèlerinage avec celle de Pâque (Pessa’h) et celle des Tentes, (Souccot). C’est la raison pour laquelle de grandes foules – et les Apôtres eux-mêmes – se trouvaient rassemblées à Jérusalem.
Il s’agissait au départ d’une fête agricole de la moisson (Ex 23, 16) mais des siècles plus tard, pendant la douloureuse expérience de l’Exil, elle prit aussi le nom de “temps du don de notre Torah” et surtout un sens nouveau, celui de l’alliance conclue par l’intermédiaire de Moïse sur le Sinaï. Loin de la terre promise, le peuple prenait conscience du seul trésor qui ne pouvait lui être retiré : son élection et la fidélité de Dieu envers lui. Ainsi pouvait s’approfondir l’espérance d’Israël, au-delà de la terre qu’il apparaissait alors impossible de retrouver un jour, l’espérance d’une alliance nouvelle et éternelle par le don de la Loi, non plus sur des tables de pierre mais au plus profond des cœurs : « Je mettrai en vous mon esprit, je ferai que vous marchiez selon mes lois, que vous gardiez mes préceptes et leur soyez fidèles. Vous habiterez le pays que j’ai donné à vos pères : vous, vous serez mon peuple, et moi, je serai votre Dieu. » (Ez 36, 27-28).
Dans cette fête devenue chrétienne, dans ce mystère qui accomplit l’espérance d’Israël et qui est le mystère même de l’Eglise, nous proclamons les merveilles de la réconciliation et de l’alliance définitive qui sont offertes à tous les hommes dans le Christ mort et ressuscité, lui qui nous donne son Esprit et nous rassemble dans l’unité de la famille de Dieu.
Abbé Bruno Bettoli+

