“Tant que je suis dans le monde, je suis la lumière du monde” (Jn 9, 1-41)
La première partie de l’Évangile de Jean (1-12) comprend sept signes réalisés par Jésus. La transformation de l’eau en vin à Cana (2,1-12), la guérison du fils du fonctionnaire royal (4,46-52), de l’infirme (5,1-54), la multiplication du pain (6,1-15), la marche sur les eaux (5,16-21), la guérison de l’aveugle de naissance (9, 1-40) et la résurrection de Lazare (11,1-14). Le récit de ce dimanche est donc le sixième signe avant la résurrection de Lazare.
L’ aveugle de naissance dans ce récit recouvre sa vue grâce à une recette faite de boue et de salive de Jésus. Selon la mentalité juive de l’époque, la salive jouit d’une vertu salutaire. L’ onction de boue que Jésus lui fait a donc pour but d’obliger l’aveugle à aller se laver à la piscine de Siloé, en hébreu signifie “envoyé” (v.7). Une fois guéri, il se lance dans un itinéraire de foi. A vrai dire, cet aveugle-né symbolise ici l’homme incroyant qui n’arrive à la lumière qu’en se purifiant au contact de l’eau vive, de la parole de Jésus.
En guérissant cet aveugle de naissance, Jésus matérialise ainsi sa déclaration en Jean 8,12: “Je suis La Lumière du monde”. Toutefois, la lumière que Jésus a apportée à cet aveugle ne peut se limiter à la lumière physique : le recouvrement de la vue. A bien voir, elle est une lumière intérieure, une illumination dans sa foi. Désormais, il peut faire face aux Juifs dans un état où il défend sa foi sans crainte. Il le prouve à la fin du récit de la conversion religieuse : il croit au Seigneur Jésus et se prosterne devant Lui. Oui, la source de la Vie est en Jésus, à sa lumière, nous voyons la lumière, puissance infinie qui libère. Saint Augustin écrit que soutenue par la grâce de Dieu, l’âme du croyant est éclairée par la lumière du Christ, qu’il appelle le ” maître intérieur” ( La lumière intérieure).
Belle montée vers Pâques !
Père Fabrice KODIA BIANZINGA +

