La joie dans le Ciel
90 - Cellules paroissiales d’évangélisation - Viroflay - 28 janvier 2008
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La joie dans le Ciel

Frères et sœurs, Dieu nous aime tels que nous sommes, mais il n’est pas indifférent à la réponse que nous donnons à son amour.
C’est pourquoi les prophètes de l’Ancien Testament avaient compris que l’amour est le grand commandement… on pourrait dire : la première demande qu’il nous fait.
En fait, notre amour est la seule chose que nous pouvons offrir à Dieu… la seule qui compte à ses yeux.
C’est aussi quelque chose que nous avons le pouvoir de lui refuser.

Dieu lui-même ne peut pas nous imposer de l’aimer.
Il a fait de nous des êtres libres… parce qu’un être spirituel est nécessairement un être libre.
On peut dire que Dieu a pris un risque. En créant des êtres libres, il savait que beaucoup finiraient comme de vieux adolescents à qui on a tout donné mais qui ne sont jamais contents.
Mais s’il n’avait pas créé des êtres spirituels, personne n’aurait pu le connaître, l’aimer, et partager sa vie éternelle.

Nous avons tous tendance à être des vieux adolescents, qui ont tout reçu de Dieu, et qui ne disent jamais merci.
Vaincre cette tendance, c’est se convertir.
Il est impossible d’aimer Dieu sans se convertir… sans faire une conversion ou un retournement… un changement de direction.
Il est impossible de se tourner vers lui sans se détourner du mal.
Il est impossible de l’aimer sans faire des choix, qui sont parfois difficiles.
Le mot “conversion” qui revient souvent dans l’Évangile, est parfois traduit par le mot “pénitence”.

C’est pourquoi il est arrivé, au cours de l’histoire de l’Église, que des chrétiens, et même des Saints, dans leur désir de se convertir, ont pensé faire plaisir à Dieu en se faisant du mal.
Jésus a souffert pour nos péchés et il est mort sur la croix… et il a dit : “Celui qui ne porte pas sa croix et ne marche pas à ma suite ne peut pas être mon disciple.” (Luc 14,27)
Mais, en même temps, on ne le voit jamais se faire souffrir pour faire plaisir à Dieu ! Croire que la souffrance des hommes puisse faire plaisir à Dieu, supposerait une étrange idée des sentiments de Dieu !

En fait, la seule chose que Dieu attend, c’est notre amour. Saint Paul écrit aux Corinthiens : “Même si je livrais mon corps aux flammes, et qu’il me manque l’amour, cela ne me sert à rien.” (I.Cor 13,3)
Le problème, c’est qu’aimer peut être difficile… ou même déchirant.
Il est impossible d’aimer vraiment sans faire des choix… sans renoncer à ce qui fait obstacle à l’amour… et tous les péchés, finalement, font obstacle à l’amour. C’est précisément pourquoi ce sont des péchés !
Ce que Dieu aime, ce n’est pas ma souffrance… c’est que je me convertisse, quel que soit le prix!
Il est facile de comprendre pourquoi !
Parce que, se convertir, c’est redevenir capable d’aimer.
Dans l’histoire de la brebis perdue et retrouvée (Luc 15,7), Jésus parle de “la joie dans le Ciel pour un seul pécheur qui se convertit.”
Et ce que Jésus appelle “la joie dans le Ciel”, c’est la joie de Dieu !
Celui qui se convertit redevient capable d’aimer et de se laisser aimer.
L’amour, Dieu ne pense pas à autre chose !

Chacun sait également qu’aimer c’est donner du temps… et que refuser son temps, c’est refuser d’aimer.
C’est vrai de l’amour fraternel… et aussi de l’amour de Dieu.
L’Eucharistie, c’est la matinée du dimanche fichue… c’est une matinée par semaine donnée à Dieu. C’est aussi le sommet de la semaine, parce que c’est une rencontre d’amour.

Le bonheur du week end, ce n’est pas seulement d’arrêter son travail… beaucoup aiment leur travail… c’est d’abord le bonheur de donner du temps à ceux que l’on aime… et ce qui compte, ce n’est pas seulement ce qu’on fait avec eux… c’est le bonheur d’être avec eux.
L’Eucharistie, ce n’est pas autre chose qu’une rencontre du Christ.
La prière aussi est une rencontre du Christ… mais s’il nous a donné les Sacrements, c’est pour que nous ayons la certitude de le rencontrer.
Et parmi tous les Sacrements, l’Eucharistie est le sommet de la vie de l’Église… et l’Église, c’est nous… c’est nous, unis au Christ.

Supposons que tous les croyants, un jour, décident en même temps de ne plus être pratiquants… d’un seul coup, il n’y aurait plus d’Église !
Il n’y aurait plus personne pour nous dire l’immense tendresse de Dieu et nous donner le moyen et la certitude de le rencontrer.

Que le Dieu d’amour vous bénisse.

JCP